Atelier régional des Petits Etats Insulaires en Développement (PEID) de l’Océan Atlantique et de l’océan Indien



Antananarivo, 10 octobre 2017 

Les Petits Etats Insulaires en Développement (PEID) de l’Atlantique (Cap Vert, Guinée Bissau, Sao Tome y Principe) et de l’océan Indien (Comores, Maldives, Maurice, Seychelles, Zanzibar) se sont réunis depuis hier au Colbert Antaninarenina, sous l’égide des Ministères concernés par la production Agricole alimentaire, la sécurité alimentaire, la nutrition, l’industrie et le commerce, avec l’appui de l’Organisation des nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

Les liens étroits entre le commerce et la nutrition

Les importations alimentaires sont devenues une source de nourriture de plus en plus importante dans les petits États insulaires en développement (PEID). La moitié de tous les PEID dans le monde importent plus de 80% de leurs besoins alimentaires. Cette dépendance élevée et croissante à l'égard des importations de produits alimentaires a soulevé d'importantes préoccupations. Elle a été identifiée comme étant un facteur clé qui accroît la vulnérabilité des PEID aux chocs externes en affectant négativement les incitations à des investissements à plus long terme dans les secteurs de l'agriculture et de l'alimentation; et en réduisant la qualité nutritionnelle des régimes en stimulant la consommation d'aliments énergétiques denses, riches en sucres, graisses et sel, contribuant à une transition alimentaire à partir des produits de base traditionnels et des fruits et légumes vers les produits transformés et les produits d'origine animale. Cette réduction de la qualité nutritionnelle est considérée comme le principal facteur de la forte augmentation des taux d'obésité et de carence en micronutriments et le défi du triple fardeau de la malnutrition (malnutrition chronique / sous-nutrition, carences en vitamines et minéraux, obésité) observé dans la majorité des PEID.

Quel intérêt pour Madagascar?

“Madagascar ne compte pas encore parmi les Petits Etats Insulaires en Développement” a rappelé le Secrétaire Général du Ministère auprès de la Présidence en charge de l’Agriculture et de l’Elevage, mais comme l’a mentionné le Représentant de la FAO, “cette île est confrontée aux mêmes problématiques des effets du changement climatique autant que les autres”. Et d’un autre côté, il dispose d’un potentiel agricole non-suffisamment exploité pour enrichir sa population. Près d’un enfant sur deux à Madagascar est estimé être sujet à risque de malnutrition chronique. Les carences globales en micronutriments sont d’environ 52% des enfants d’âge préscolaire déficients en vitamine A, et 32% de femmes en âge de procréation estimées anémiques.  Selon l’étude sur le coût de la faim, la malnutrition équivant à une perte de plus de 3,300 milliards d'Ariary soit plus d'un milliard et demi de dollars par an, c’est-à-dire près de 15 pour cent de son PIB.

Quelles solutions potentielles?

"Une stratégie de gestion du commerce, avec un certain rééquilibrage du ratio des importations avec la production domestique ou intrarégionale, pourrait contribuer à améliorer l'offre et la compétitivité des aliments plus nutritifs, à améliorer la qualité du régime alimentaire et à réduire le fardeau croissant des systèmes de soins de santé", a affirmé la Secrétaire Générale du Ministère du Commerce et de la Consommation à Madagascar. Des plans d’actions vont être élaborés par les pays afin d’avancer de manière plus concrète dans la mise en oeuvre des solutions identifiées.