Atelier régional sur les innovations dans le contrôle de l’épidémie de VIH et des hépatites dans l’Océan Indien

 

 

Antananarivo, 7 juillet 2016

Du 04 au 06 juillet 2016, l’Hôtel IBIS, Antananarivo, Madagascar, a accueilli les acteurs de la lutte contre le sida de l’Océan Indien lors d’un atelier régional axé sur les innovationsdans l’approche par les pairs auprès des populations clés pour contrôler l’épidémie de VIH et des hépatites virales dans l’Océan Indien.

Cet événement a été organisé par l’association PILS (Ile Maurice) avec le soutien de l’association AIDES (France) et de l’AFD (Agence Française de Développement).

L'ouverture de l'atelier a été marquée par l'allocution du Directeur Régional de L’ONUSIDA, le Dr Salvator Niyonzima, qui a évoqué les enjeux de la lutte contre le VIH dans la région de l’océan indien, avec des prévalences toujours très élevées parmi les populations clés dans toute la zone et un focus sur la difficulté d’accès aux ARVs pour les patients malgaches. Il a également évoqué l’importance de développer des synergies plus fortes entre les acteurs de lutte contre le Sida (LCS) dans la sous-région pour parvenir à l’objectif des 90/90/90 : 90% des personnes dépistées, 90% des patients sous traitement, 90% des patients en charge virale indétectable.

Le thème de l’atelier régional était cette année : « Innovons dans l’approche par les pairs auprès des populations clés pour contrôler l’épidémie de VIH et des hépatites dans l’Océan Indien ». Cet atelier régional a réuni 50 représentants engagés dans la LCS issus des Comores, de Rodrigues, des Seychelles, de Madagascar et de Maurice.

Sur les bases des recommandations des participants, l’atelier a donné lieu à un partage de connaissances et d’expertises sur les programmes d’éducation par les pairs destinés aux populations clés : Hommes ayant des rapports Sexuels avec d’autres Hommes, Travailleurs/euses du Sexe et Utilisateurs de Drogues Injectables, ainsi qu’à l’élaboration de plans d’action nationaux qui seront portés par les acteurs de chacun des pays de la région. Les riches débats qui ont suivis les présentations ont contribué à faire émerger plusieurs pistes de renforcement de capacité qui aideront à atteindre les objectifs suivants :

- Accompagner les associations communautaires de l’Océan Indien dans le renforcement de leurs capacités pour contribuer au contrôle de l’épidémie de VIH et des hépatites dans la sous-région;

- Améliorer l’efficacité des programmes d’approche par les pairs auprès des populations clés avec les nouvelles stratégies de prévention (TasP, PrEP, dépistage démédicalisé, réduction de la charge virale) ;

- Intensifier la synergie entre les acteurs de LCS de la zone Océan Indien.

- Innover dans l’approche par les pairs auprès des populations clés notamment à travers le développement de dispositifs de santé communautaire proposant une prise en charge globale de la santé de populations clés.

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Innovons dans la prévention
: Les nouveaux enjeux de la prévention combinée au VIH.

Durant des décennies, le préservatif a été le principal moyen de se protéger contre l’infection à VIH. Aujourd’hui, on compte de nouvelles stratégies efficaces et accessibles, le TasP (Treatment as Prevention=traitement comme prévention), la PrEP (prophylaxie pré exposition), la PPE (prophylaxie post-exposition), le dépistage médicalisé et dé-médicalisé, la réduction de la charge virale.

Le TasP est encore méconnue dans la région de l’Océan Indien, y compris parmi les personnes vivant avec le VIH (PvVIH). Nous savons depuis quelques années maintenant, et des études scientifiques le démontre, qu’une personne qui prend son traitement tous les jours peut parvenir à une Charge Virale Indétectable (CVI), une personne en CVI ne transmet plus le VIH.

La PrEP : c’est quoi ? La prophylaxie pré-exposition (PrEP) est un traitement préventif qui empêche le virus du sida de se développer dans l’organisme et protège ainsi de l’infection à VIH. Elle est destinée aux personnes séronégatives mais exposées à un risque élevé d’infection. Ce traitement préventif, lorsqu’il est correctement utilisé, présente un taux de protection contre le VIH similaire à celui du préservatif. La PrEP n’a pas pour but de se substituer aux autres moyens de prévention, mais se combine à ceux déjà existants. "Dans le contexte des iles, permettre un accès à la PrEP pour les publics les plus exposés (KAPs) devient primordial pour le contrôle de l'épidémie du VIH. Il faut sensibiliser les communautés clés ainsi que les instances décisionnelles sur toutes les méthodes de prévention du VIH, y compris la PrEP." Stanislas Mommessin, Chargé de mission international - AIDES