Grand Sud de Madagascar : des besoins humanitaires et de relèvement précoce encore à couvrir


COMMUNIQUE DE PRESSE CONJOINT:
Inter-Agency Standing Committee (IASC) / Bureau national de gestion des risques et catastrophes (BNGRC) / Système des Nations Unies


Antananarivo, 29 octobre 2016

Madagascar, comme tous les autres pays de l’Afrique Australe, a été affecté par deux années successives de sècheresse, aggravées par le phénomène El Nino depuis septembre 2015. Pour le pays, cela a fortement affecté les trois régions du Grand-sud, où habitent 1,63 millions de personnes.

Le plan de réponse humanitaire d’une durée d’une année élaboré en février 2016 et budgétisé à USD 69,9 millions n’a été financé qu’à moitié jusqu'ici. Néanmoins, la portée des réponses humanitaires déjà engagées démontre des résultats encourageants. Entre février et août 2016, le nombre total de personnes en insécurité alimentaire sévère s’est réduit de 90.000 individus, le statut nutritionnel des enfants moins de cinq ans s’est en général amélioré. Par ailleurs, le nombre de poches d’insécurité nutritionnelle a décru de 32 à 17 communes entre février et juin 2016.

Malgré ces acquis, les facteurs aggravants la vulnérabilité dans le Grand Sud persistent. Le manque et le retard de pluies ont fait baisser jusqu’à 95% les productions de maïs, de manioc et du riz en juin 2016 par rapport à 2015. La zone touchée par la sècheresse s’est aussi étendue vers 5 municipalités situées dans les deux districts de Taolagnaro et Toliara II jusque-là épargnés.

L’analyse « Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire » (IPC) conduite entre septembre et octobre 2016 a conclu que 845.000 personnes nécessitent maintenant une assistance humanitaire, dont 330.000 individus en phase qualifiée d’urgence (phase 4) et 515.000 individus en situation qualifiée de crise (phase 3). A l’égard de cette situation, le Système des Nations Unies et l’ensemble de l’Equipe Humanitaire du Pays ont doublé leurs efforts pour sauver des vies et pour réduire la souffrance de la population.

Afin de faire rapidement face à cette situation, le Bureau National de Gestion des Risques et Catastrophes, avec l'appui du Système des Nations Unies et l’ensemble de l’Equipe Humanitaire du Pays, a révisé les besoins humanitaires du Grand Sud pour poursuivre les interventions jusqu’en mai 2017. Les besoins humanitaires totaux révisés s’élèvent à USD 154,9 millions, et seuls 26% sont couverts par les récents engagements financiers annoncés ; USD 115,3 millions restent alors à mobiliser. Ces besoins concernent les secteurs Eau, hygiène, assainissement, éducation, nutrition, protection, santé, sécurité alimentaire et moyens de subsistance, et enfin la coordination de l’ensemble des réponses.

Par ailleurs, un plan de relèvement précoce et de résilience est déjà disponible pour le Grand-sud. Ce plan de relèvement précoce portant sur une période de 3 ans et budgétisé à USD 189 millions vise pour sa part à traiter les racines profondes des problèmes plutôt que les conséquences de la crise. Il contribue à maximiser les efforts humanitaires entrepris dans les régions les plus affectées par la sécheresse dans le Grand Sud de Madagascar, tout en assurant une transition compréhensive envers les actions de développement.

Le Gouvernement de Madagascar, à travers le Bureau National de Gestion des Risques et Catastrophe, et le Coordinateur Résident de Système de Nations Unies, Président de l’Equipe Humanitaire Pays, remercient tous les partenaires nationaux et internationaux pour les réponses déjà réalisées grâce à leurs contributions financières et leur soutien à Madagascar. L'appel à plus de mobilisation de ressources en faveur de la population du Grand-sud auprès des acteurs et partenaires sensibles au développement durable du pays est toutefois renforcé pour continuer à sauver des vies, éviter la dégradation de la situation humanitaire actuelle, augmenter la résilience de la population qui vit dans cette zone affectée par les effets cycliques de la sécheresse, et enfin mettre en oeuvre des projets structurants pour soutenir un développement durable.