Les acteurs du tourisme restent mobilisés pour l'application du Code de conduite

Antananarivo, le 13 juillet 2016

Une centaine d’acteurs du secteur du tourisme à Madagascar se sont rassemblés ce jour pour un atelier national d’échange sur l’application du Code de conduite des acteurs du tourisme dans la lutte contre l’Exploitation Sexuelle des Enfants à des fins Commerciales (ESEC) et le Tourisme Sexuel Impliquant les Enfants (TSIE) à l’Hôtel Colbert.

La signature, en mai 2015, du Code de conduite a marqué la détermination des acteurs du secteur du tourisme à s’engager dans la lutte contre les pires formes de travail des enfants. Depuis 2011, ce sont plus de 900 acteurs et professionnels du tourisme qui se sont engagés dans huit régions dont Diana, Boeny, Vakinankaratra, Amoron’i Mania, Atsimo Andrefana, Atsinanana, Vatovavy Fito Vinany ainsi que dans les îles de Nosy Be et de Sainte Marie afin de promouvoir un tourisme durable respectueux des droits humains et en particulier des droits des enfants.

En février 2016, un premier atelier national avait été organisé pour sensibiliser les acteurs du secteur du tourisme pour cette lutte et conduire une réflexion sur le mécanisme de suivi du Code de conduite à mettre en place pour assurer l’effectivité des actions entreprises.

Des activités de contrôle des établissements et de suivi du respect du Code de conduite par les opérateurs signataires au niveau des différentes Régions en collaboration avec le Ministère du Tourisme et l’ONTM sont depuis venues renforcer ces actions.

L’objectif de cet atelier d’échange est de favoriser le partage d’expériences (leçons apprises et bonnes pratiques) des acteurs du tourisme dans la mise en oeuvre du Code de conduite, d’identifier les forces et faiblesses des mécanismes de suivi mis en place par chaque Région et de convenir des indicateurs communs permettant d’assurer le respect du Code de conduite par les signataires.

Dans son allocution, Madame Marie-Annick Dahy, Directeur Général de l’Administration du Tourisme a déclaré que « Le phénomène d’ESEC et de TSIE prend de l’ampleur et qu’il y a de nouvelles menaces : le secteur du tourisme fait face à la prolifération de nouveaux acteurs, de nouveaux établissements, de nouveaux opérateurs informels qui s’estiment être hors de tout contrôle, ce qui aggrave la vulnérabilité des enfants. Alors que sur le plan international les touristes sont de plus en plus sensibilisés aux bonnes pratiques des établissements touristiques, cette prolifération du secteur informel qui exploite sexuellement les enfants ne peut que nuire à l’image de Madagascar. En 2012, le nombre d’arrivées de touristes à Madagascar était de 255 942 et a considérablement diminué à 244 321 en 2015 dû à plusieurs facteurs dont la mauvaise image que nous avons à l’International à cause des différents fléaux touristiques dont l’ESEC et le TSIE, et la conjoncture constitutionnelle.

L’application du Code de conduite des acteurs du tourisme est un très bon moyen pour redorer l’image de Madagascar et redonner confiance aux touristes pour la destination. Pour cela, nous avons plusieurs défis à relever :

(ii) Mettre en place un mécanisme visant à signaler tout cas d’ESEC, de TSIE, de travail, de traite et de toutes autres formes de maltraitance. Exemple : à Sainte-Marie les « Chefs Fokontany » ont été mis à contribution et collaborent avec la Police;

(iii) Primer et promouvoir les établissements touristiques jugés respectueux des droits humains ainsi que des droits des enfants dans l’ensemble de leurs activités et qui ont fait preuve d’une volonté avérée contre l’ESEC et le TSIE. Cela se traduit unanimement par une labellisation ou certification à l’égard de leur
engagement ».

« La situation de pauvreté ne pourra jamais justifier le fait que les enfants malgaches soient des victimes, ou des proies pour les touristes. En effet, 28% des enfants malgaches sont déjà économiquement actifs et la majorité exerce les pires formes de travail des enfants. Ils sont exposés à différents risques de violence, d’abus et d’exploitation de toutes formes et, bien entendu, à la prostitution. Il nous appartient donc de façonner l’avenir de nos enfants en agissant sur ce secteur tourisme qui est considéré comme un des leviers de l’économie du pays. C’est pourquoi, le BIT salue l’initiative et l’engagement collectif du secteur tourisme dans cette lutte ainsi que les efforts entrepris par le gouvernement de Madagascar pour préserver l’avenir de nos enfants. Le BIT réitère son engagement à soutenir les efforts du gouvernement pour la mise en oeuvre du Code de conduite et retenir les bonnes pratiques visant un tourisme durable et responsable» a affirmé Madame Severine Deboos ayant représenté Monsieur Christian Ntsay, le Directeur du BIT.

«Cet atelier est une nouvelle étape qui démontre l’engagement des acteurs du tourisme contre les violences faites aux enfants. L’UNICEF, en tant que partenaire technique, s’est engagé depuis plusieurs années pour faire du secteur du tourisme un secteur moteur dans la promotion des droits des enfants et du développement de Madagascar. Aujourd’hui nous souhaitons saluer la très forte mobilisation autour du code tant au niveau des régions qu’au niveau national. Mais la situation reste grave et les acteurs impliqués se doivent d’aller encore plus loin. A ce titre, l’UNICEF confirme son engagement pour la mise en oeuvre effective du code pour qu’il devienne un instrument déterminant dans la lutte contre l’exploitation sexuelle et le tourisme sexuel impliquant des enfants » a souligné Monsieur Yann Grandin, ayant représenté Madame Elke Wisch, Représentante de l’UNICEF.

Pour sa part, le PCA de l’ONTM a annoncé : « Je m’engage durant mon mandat à communiquer dans la mesure des moyens disponibles, sur les opérateurs qui ont fait ce pas. L’ONTM, sur son nouveau site web prévu être en ligne début 2017, pourra consacrer un volet sur ces acteurs qu’on pourrait qualifier d’éthique, afin que les touristes potentiels ou les partenaires internationaux puissent identifier les établissements/opérateurs ayant adopté ce Code de bonne conduite ». Il a également fait appel à la vigilance des opérateurs pour que cette lutte ne soit pas un « one shot ».


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Pour toute information supplémentaire prière de contacter :

- Rahelinirina Mamy Lalaina, Administrateur national de projet Code de conduite contre le travail des enfants, BIT Antananarivo, rahelinirina@ilo.org, tel : 034 05 102 56
- Emma Raboanaly, Assistante à la Communication et Information Publique, BIT Antananarivo, raboanaly@ilo.org, tel : 034 03 171 12
- Anita Ingabire, Chef de la Section Gouvernance pour la Protection des Enfants, Unicef
- Matthew Conway, Chef de la Section Médias et Relations Extérieures, UNICEF, mconway@unicef.org, Tél : 032 03 411 31
- Vola Raveloson, Directeur Exécutif de l’ONTM, secretariat@ontm.mg, tél : 02022 66115
- Toky Rasoanindrainy, Chargé des Partenariats et de la Formation de l’ONTM, partenariat@ontm.mg, tél : 034 20 661 15
- Sylviane Rajerison, Directeur des Etudes et des Expertises en Tourisme du Ministère du Tourisme, dee@mttm.gov.mg, tél : 033 37 329 00 / 034 05 575 63
- Ony Ramasy, Point Focal Lutte contre TSIE/ESEC auprès du Ministère du Tourisme, onyramasy@gmail.com, tel : 034 05 561 25