Madagascar vers une nouvelle stratégie phytosanitaire grâce au Fonds de Solidarité Africaine



3 février 2017

La mondialisation des échanges et la circulation facilitée des personnes et des marchandises ont atteint un volume tel que les risques d’introduction et de dissémination d’organismes nuisibles aux végétaux sont devenus considérables. Dans le monde, les gouvernements, les agriculteurs et les consommateurs font état d’une perte avoisinant plusieurs milliards de dollars américains liée à la contamination et la destruction des récoltes et la flore sauvage par les organismes nuisibles.

La protection phytosanitaire est d’autant plus importante pour Madagascar de par son caractère insulaire et sa qualité de réserve mondiale de biodiversité. Datant de 1986, la loi phytosanitaire de Madagascar est maintenant dépassée par l’avènement de l’Organisation mondiale du commerce en 1995 et la réforme de la Convention internationale pour la protection des végétaux qui s’en est suivi en 1997. De nouvelles normes phytosanitaires, les seules qui soient reconnues par le droit du commerce international ont également vu le jour.

Aujourd’hui, Madagascar arrive à un tournant durant lequel les capacités phytosanitaires doivent être évaluées par rapport à ce dispositif international renouvelé. La modernisation progressive des mécanismes de protection phytosanitaire, non seulement aux frontières mais à travers le pays tout entier, en vue d’une production agricole durable vers la sécurité alimentaire et nutritionnelle des agriculteurs et consommateurs malgaches sera revu dans son ensemble par les experts du bureau juridique de la FAO à Addis-Abeba (M. Lalaina Ravelomanantsoa) et du Secrétariat de la CIPV localisé dans les bureaux de la FAO à Rome (Mme Sarah Brunel) en concertation avec les institutions nationales. Cela permettra également à Madagascar une ouverture accrue aux marchés sous régionaux, régionaux et internationaux, améliorant ainsi le niveau de vie des agriculteurs. "Une protection phytosanitaire renforcée est le gage d’une meilleure résilience aux changements climatiques" a affirmé Patrice Talla Takoukam, le Représentant de la FAO à Madagascar.

Ce travail constitue un pas assuré vers la réalisation des objectifs de développement durable et ceux de la déclaration de Malabo sur la croissance et la transformation accélérées de l'agriculture en Afrique pour une prospérité partagée et de meilleures conditions de vie. Madagascar a toujours été reconnu comme un pays avec un immense potentiel en matière de production agricole. Cependant, il figure dans la liste des « pays à faible revenu et à déficit vivrier ». Ce paradoxe est lié, dans une certaine mesure, au déficit des instruments normatifs et institutionnels et à l’insuffisante exécution des programmes et politiques au niveau du terrain.

Après presque 31 années d'application de la législation phytosanitaire adoptée en 1986, Madagascar a initié cette semaine dans le cadre d’un atelier l’évaluation complète de ses capacités et la formulation d’une stratégie et d’une législation conforme au droit international et aux défis liés aux contextes national et mondial actuels.  Ce projet, coordonné par l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et financé grâce au Fonds de solidarité africaine, se focalise sur trois volets d'actions dont : l’application de l’outil d’évaluation des capacités phytosanitaires de la Convention Internationale pour la Protection des Végétaux qui aboutira à la création d’un cadre juridique modernisé et à la formulation d’une nouvelle stratégie phytosanitaire.