Renforcer la surveillance sanitaire des animaux aquatiques à Madagascar: "Mieux vaut prévenir que guérir"

Antananarivo, 19 juillet 2016

Un atelier national organisé par le Ministère des Ressources Halieutiques et de Pêche avec le soutien de la FAO, débute ce jour à l'hôtel "Le Panorama", Antananarivo, afin de statuer sur le plan de surveillance des animaux aquatiques à Madagascar. Toutes les Régions ayant des activités aquacoles sont représentées par leurs techniciens et autorités afin de discuter de la stratégie de prévention des maladies.

Les animaux aquatiques contribuent de manière significative à fournir des protéines d'origine animale, ainsi que des nutriments essentiels de haute qualité. Toutefois les maladies constituent une contrainte conséquente à l'élevage durable de nombreuses espèces, empêchant le progrès socioéconomique, de sorte que des programmes pour la santé des animaux aquatiques basés sur la surveillance et le zonage des maladies importantes du point de vue des échanges nationaux et internationaux sont devenus une nécessité première pour la gestion effective d'une aquaculture durable et de son développement.

« L’épuisement des stocks a des incidences négatives sur la sécurité alimentaire et le développement économique et compromet le bien-être social de nos populations, en particulier celles pour lesquels le poisson constitue la principale source de protéines animales et de revenus, ainsi que pour les pêcheurs de subsistance des pays en développement tels que Madagascar » a tenu à souligner la FAO.

L’exemple du White spot ayant affecté les crevettes malgaches en 2012

En Avril 2012 le virus du white spot (point blanc) fit son apparition à Tsangajoly Morondava. Après la confirmation du Laboratoire OIE UAZ Tucson Arizona, le 09 mai 2012, Madagascar a été déclaré officiellement infecté par la maladie White Spot Syndrom (WSS) à l’OIE par le biais de la déléguée nationale de l’OIE. Depuis, la production de crevettes a enregistré une baisse d'environ 1000 tonnes. Selon l’ASH (Autorité Sanitaire Halieutique), celle-ci est passée de 3420 tonnes de crevettes en 2013, contre environ 4420 en 2012. La maladie menace également les crevettes sauvages, dont la production  est passée de 3113 à 3038 tonnes. La filière crevette représente 60% des exportations de produits halieutiques de Madagascar vers l’Europe, pour l’équivalent de 200 millions USD. Cette affection est l’une des 20 maladies les plus coûteuses en aquaculture. Parmi plusieurs pays qui sont affectés par le WSS, seuls l’Australie a su maîtriser la maladie et l’Equateur a pu doubler sa production.

Rôles importants des petits aquaculteurs

Les aquaculteurs jouent un rôle clé dans la prévention de la propagation des maladies. « Pour cette raison, il est essentiel que les agriculteurs et les groupements aquacoles respectent les principes de la biosécurité lors des mouvements d’animaux aquatiques vivants » a précisé le Secrétaire Général du Ministère des Ressources Halieutiques et de la Pêche. Il faudrait aussi que la plupart des activités nationales (par exemple, la surveillance sanitaire, le diagnostic, la quarantaine, la notification des maladies, la communication, l'accès à l'information, la préparation de la gestion des crises, etc.) soient déclinées au niveau des exploitations. La mise en place d’une gestion collective et l’adoption de meilleures pratiques de management par les groupements aquacoles permettraient d’améliorer la gestion de l’aquaculture, notamment sur le plan sanitaire et le respect de bonnes pratiques normalisées et partagées pour le diagnostic, la maîtrise des maladies et la notification sanitaire.

 

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Contact: Mme Volantiana M. Raharinaivo, Communications Officer, Représentation de la FAO à Madagascar, Comores, Maurice, Seychelles, volantiana.raharinaivo@fao.org